J'vous ai pas dit? Si? J'suis redevenue étudiante. Oui, oui... retour sur les bancs de la fac. Flippée. Excitée. Un peu paralysée par la peur de ne pas y arriver. Un peu aussi culpabilisée d'imposer une nouvelle organisation pas toujours très sympa à mes zouaves. Amusée aussi. Et puis excitée par les perspectives de réflexion et de changements que cette aventure pourrait entraîner. Curieuse. 

Je tente donc de décrocher un master dont l'intitulé est "Accompagnement et Interventions auprès des publics à Besoin Educatifs Particuliers". Après 18 ans face à des élèves aux besoins tous très particuliers en lycée professionnel, j'optimise ma mise en dispo pour essayer de faire avancer ma réflexion, d'approfondir comme j'en rêvais depuis longtemps mes connaissances en psycho et de trouver des pistes de travail. Je ne te cache pas que mon côté maman en quête de stratégies et d'idées positives pour mon extra-terrestre de fiston n'est pas planqué très loin non plus dans cette démarche. 

Alors voilà, trois ou quatre soirs par semaine je file à un bout ou l'autre de l'île sur laquelle je vis pile avant que mes enfants rentrent du collège et de l'école. Finie la période dont ils ont super profité de maman dispo tous les jours. Pas facile d'accepter. Ils sont mignons, il me le dise doucement mais j'ai bien entendu quand même que "je n'aime pas quand tu pars le soir", "que quand même c'est une drôle d'idée d'avoir voulu retourner à la fac!". Je fais avec le petit noeud au ventre qui disparaît dès que je suis en cours et revient insidieusement quand je prends mon téléphone en sortant de la salle pour leur rappeler qu'il est l'heure d'aller au lit et que je viendrai les embrasser même si ils dorment promis, promis, promis. Ce qui est plus marrant, c'est le samedi midi quand je les trouve avec leur papa et qu'ils me racontent... 

Les dés sont donc jetés! Je pars à l'aventure. Je ne t'ai pas dit... je partage aussi ma voiture et celle de deux autres nanas aux antipodes de mon univers... on se marre dans nos voitures, on apprend à se connaître, on parle mecs. Les filles ont entrepris de m'apprendre le créole... et rien que ça, ça vaut les kilomètres avalés!!!!