Sans queue ni tête

26 septembre 2016

En fin d'après-midi, je me suis fait la réflexion que j'étais en train de passer une journée parfaite. Composée de petits bonheurs qui se succédaient depuis le matin. Comme ce bouquet de fleurs exotiques posé sur la table devant laquelle je prenais mon premier thé. Comme le miel de litchis que j'y avais glissé et que j'ai retrouvé après des mois de recherche. Comme mes mômes de bonne humeur et avec qui j'ai plaisanté dans la voiture sur le chemin de l'école. Comme cette petite salle qui ouvre sur l'océan dans laquelle s'est organisé un super chouette atelier de couture grâce à l'association dont je fais partie et qui permet d'aller lire des histoires dans les écoles juste pour le plaisir. Comme ces mains qui ont plongé dans des monceaux de tissu pour couper des poches qui ont garni un tablier de lecture bien grand, juste un peu lourd mais pas trop. Comme ce plaisir tout bête qui donne envie de chantonner et de danser parce que j'ai compris comment coudre une poche. Comme les éclats de rire des couturières débutantes du groupe. Comme ce message qui m'ouvre peut-être la possibilité de faire accueillir mon grand gourmand dans une maison le midi pour lui éviter l'ignoble cantine qui sert vraiment vraiment des repas atroces. Comme la lumière sur la côte à mon retour. Comme ma grande fille qui rentre du collège en me disant qu'elle a passé une si chouette journée qu'elle a l'impression qu'elle n'a eu que deux heures de cours. Comme la maîtresse qui me happe à mon entrée dans l'école pour me faire des compliments sur le comportement et le travail de mon fiston. Comme ses rires quand j'ai poussé la porte de la garderie et ses suppliques pour que je revienne le chercher plus tard.Comme la demi-heure seule face aux vagues que je me suis offerte en l'attendant, instants volés à tout juste pour le plaisir.Comme une de mes chansons préférées de préférées du monde entier qui démarre à la première note quand je monte dans la voiture. Comme  le sourire radieux d'Alice à la sortie de son cours de guitare. Comme ses bisous juste pour comme ça en passant. Comme Simon assis dans l'herbe dans la nuit tombée tôt qui regarde les étoiles le pouce dans la bouche. Comme la petite souris qui doit encooooore passer cette nuit. Comme mon lit retrouvé dès 20h30 avec un plaisir indiscible. Une journée parfaite. 

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24 septembre 2016

Donc ce weekend, j'attends. J'attends lundi et la dernière réunion qui va décider ou pas de l'ouverture de ce fameux master que j'ai tant envie de suivre. J'attends mardi et le mail dont on nous a parlé à la présentation de rentrée de jeudi dernier. J'attends avec le coeur qui cogne un peu. Parce que j'ai adoré la petite heure que nous avons passée avec le responsable pédagogique qui nous a présenté le contenu de ses cours. Parce qu'il se trouve qu'il est chercheur en psychologie et qu'il a donc naturellement orienté le travail vers la psychologie de l'enfant et de l'adolescent. Qu'il a évoqué Freinet. Qu'il trouve important de faire passer le message que les enfants à haut-potentiel ne fonctionnent pas comme les autres et sont malmenés par ignorance. Que l'évaluation est à réfléchir. Qu'on a échangé avec envie pendant le cocktail qui a suivi la présentation. Qu'il nous a dit qu'il a envie de travailler avec nous. Que c'était une bonne idée de penser à faire passer le message de la différence aux enseignants. Alors même si j'ai toujours aussi peur j'ai envie, envie, envie!!!!!

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19 septembre 2016

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Le patrimoine sur cette île est autant niché au creux de la nature que dans les quelques villes qui comptent des bâtiments anciens. Alors hier matin, j'ai choisi de découvrir l'histoire de la ravine de la ville où j'habite. Un groupe bien chaussé pour une rando le long de l'eau accompagnés par la voix et le chant de trois comédiens qui en créole ont dit l'histoire à leur façon. Il faisait chaud mais pas trop. ici, l'hiver tout relatif se prolonge pour mon plus grand plaisir. M'autorisant à dormir lovée sous une couette, à porter mes foulards préférés tous les soirs, à ne pas enclencher les clims dans la maison qui font un bruit de fond toujours agaçant, à profiter de la varangue toute la journée. Quand je ne comprenais pas, je trouvais toujours une voisine de promenade pour me traduire l'idée chantée à ce moment précis. Il a été question de l'eau qui coule toute l'année, et c'est assez rare pour le faire remarquer. D'un docteur qui soignait avec les plantes cueillies dans la ravine. Du bon dié supplié. De la mer tout près. Les voix prenaient une ampleur toute particulière entre les rochers et les arbres. Les bambous nous abritaient. Nous avons traversé plusieurs petits ponts bancals, de bric et de broc. Le thé glacé au citron qui nous attendait tout en bas avait le goût unique d'un joli moment de partage.

A croire que ce dimanche était placé sous le signe du partage. Pique-nique au foot. Le vrai, créole. Celui où les marmites mijotent toute la matinée sur le feu de bois, préparées et surveillées par les hommes. Le dimanche, on cuisine au bois et ce sont les hommes qui prennent le relais m'a expliqué une maman. Le riz, le grain, le poulet avaient une saveur toute particulière. Parce que c'était la première fois que je participais à ce rituel qu'on croise partout tous les weekends. Un vrai petit bonheur. 

C'était une bonne thérapie pour cesser de penser à cette annonce qui dit que même si mon dossier est accepté, le master que je brûlais d'envie de suivre n'ouvrira probablement pas faute de candidats suffisants. Déception. Rebond. Je vais accentuer mon bénévolat dans les écoles pour lire aux enfants des histoires juste pour le plaisir. Je vais reprendre le sport plus intensément. Je vais sortir ma machine à coudre Elo!!! Je vais essayer de rentrer en métropole une fois pour couper l'année. Et on va pouvoir organiser notre voyage en Afrique du Sud sans contrainte de dates... c'est pas mal non plus!!!

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11 septembre 2016

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... j'ai perdu l'habitude de me promener avec mon appareil photo sur moi tous les jours... et je m'en veux... la faute à la facilité... la faute au téléphone... la faute à la lenteur du débit depuis que je suis ici qui rend chaque envoi si loooong... alors je poste des photos sur instagram. Mais avec la rentrée, la mise en place des uns et des autres, la finalisation de mon dossier d'inscription à l'ESPE (et oui Elo je n'ai pas ressorti ma machine à coudre, à la place je me suis inscrite en master) je n'ai pas croisé trop de sujet qui ont attiré mon oeil. Je ne suis pas inquiète, je sais que ça va revenir.

Me voilà donc repartie pour une année loin de la métropole, loin de mes amies chéries, des vieilles pierres et des saisons... chanceuse de savoir que des visites s'annoncent, que certains vont braver les onze heures d'avion (et se séparer d'un bras au moins!) pour découvrir la beauté de cette île sur laquelle nous allons fêter mine de rien un troisième noël. Il y fait toujours aussi beau. Et de plus en plus chaud à nouveau. C'est ce qui m'angoisse le plus. Le retour de la chaleur écrasante. Continue. Epuisante. Mais avec elle la reprise des baignades dans le lagon... qui se trouve désormais tout près, tout près de la maison. Chanceux que nous sommes, nous avons réussi à venir nous installer dans notre quartier préféré! Cette nouvelle maison est devenue notre en moins de 24 heures. Je l'ai senti aussitôt chez les enfants. Sortir les petits trésors de deux ou trois cartons, attraper les doudous et coussins qui forment des îlots de réconfort dans leurs lits, accrocher deux ou trois posters et hop! Voilà une richesse que nous leur avons apprise en déménageant. J'espère qu'elle leur rendra la vie légère à l'âge adulte même si je suis déjà prévenue par ma grande "moi quand j'aurai une maison je n'en changerai jamais et quand j'aurai des enfants je ne les obligerai JAMAIS à déménager." Le message est limpide. Les grands aussi se sont sentis chez eux immédiatement. Dans les couleurs que nous n'aurions peut-être pas choisies mais qui ont l'avantage de rendre les lieux chaleureux. Avec cette chambre-refuge qui nous abrite au rez de chaussée quand les loupiots retrouvent un étage loooin des parents. Et surtout dans ce jardin dans lequel on entend toute la journée chanter les oiseaux. Quelle merveille! Le calme alentours est magique. Terminé le chantier bruyant, la poussière lourde et noire qui a abîmé tant de choses dans la maison, fini le stress que je n'avais pas mesuré de ces sons incessants dont nous avons compris dès le premier matin qu'ils avaient chassé les oiseaux. Tout de même, vivre un an et demi dans une maison avec jardin sans savoir qu'il existe des oiseaux au chant incroyable tout autour de nous! Alors voilà, nouveau départ! Et toujours ce travail sur moi-même pour colmater la fissure... la distance, l'insularité, le changement de statut social, professionel, le manque cruel de mes amies jolies... le sport pour me sentir vivante, la lecture dont je m'abreuve avec la chance inouïe d'avoir tout le temps que je souhaite, les rencontres que j'essaie de provoquer... les projets d'étude qui nouent juste un peu le ventre comme il faut pour créer un défi motivant. 

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30 août 2016

Encore un retour...

Finalement, je pense que cette page me manque. J'ai cru pouvoir m'en passer mais pas tant que ça en fait. Elle a l'avantage de me faire poser des mots. Je compte sur elle pour me libérer des rêves tordus que je fais toutes les nuits depuis mon retour sur l'île. Rêves où se mêlent des fêtes d'anniversaire de 40 ans que je ne parviens jamais à atteindre, des classes qui me font vivre des situations d'une violence inacceptable, mes enfants confrontés à d'autres très agressifs et qui m'appellent à l'aide parce qu'ils ne comprennent pas... un peu comme si j'avais encore enfoui des tas de choses façon autruche et qu'elles ressortaient les unes après les autres, nuit après nuit, me réveillant le coeur battant et rendant les journées loooooogues, très longues parce que débutées à l'heure où tous dorment encore profondément. 

Donc je me rends compte que je suis triste de ne pas pouvoir fêter mes belles amies pour leurs 80 ans réunis, que je ne suis pas guérie de mes années calaisiennes, que j'ai peur à la rentrée de voir mes enfants retourner dans l'arène après de jolies semaines dans une ambiance apaisée, que je me mets en apnée à chaque fois que mon grand garçon de dix ans désormais (10 ans bon sang!) franchit la porte de l'école. Pourtant, il me répète de lui faire confiance, il me prend dans ses bras en m'affirmant qu'il va bien, qu'il est grand maintenant. Et je le sais avec une maîtresse en qui il a totalement confiance. Donc faut qu'j'me calme!!!!!!!!!!!!

Du grand n'importe quoi en fait. Parce que je sais qu'elles savent que je ne serai pas là mais que je penserai très très très fort à elles. Parce que je suis loin de Calais. Que tout va bien chez mon grand qui gagne confiance en lui jour après jour et qu'il faut que j'arrête de lui mettre la pression. Que ma grande est heu-reu-se... avec ses copines, des profs qui font les profs, une carte de bus de grande, une liberté de mouvement retrouvée depuis qu'on a changé de maison... 

Voilà voilà voilà... 

 

 

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22 février 2016

Bon, j'ai promis... alors je ne laisse pas le silence s'installer. 

Mais je m'accroche pour ne pas venir encore chouinasser! Parce que trop chaud. Parce que trop loin. Parce que mon mec qui part dix jours et va passer le weekend prochain avec nos potes à Dunkerque, y faire la fête. Parce que sentiment d'injustice, d'emprisonnement...

Alors je multiplie les raisons de servir à quelque chose en partageant des moments marrants, des moments complices. Voilà le pourquoi de ce stage de sport intensif qui après trois semaines me permet d'afficher moins quatre kilos au compteur. Voilà pourquoi ce coup de fil à la lecture d'un article dans le journal local qui débouche sur du bénévolat dans une association qui propose de lire des histoires à des mômes dans des écoles de quartiers défavorisés. Voilà pourquoi cette soirée de samedi dans un restau avec deux copines et du jazz live. 

Et puis il y a les petits bonheurs qui émaillent les journées banales. Ceux qui font du bien. Ceux qui font relativiser. Comme un fou-rire de mon fiston qui ne rit pas tous les jours. Comme la visite surprise de notre neveu venu de très loin. Comme les petits messages de Flow que je tourne jour après jour et qui me dont souvent du bien. Comme la plage après une séance de sport, seule, à l'ombre, avec un bouquin, quelques minutes dans l'eau avec les poissons qui nagent autour de moi. Comme l'odeur des frangipaniers le soir quand on passe tout à côté. Comme ma grande fille qui essaie une jupe à plis bleu marine, juste rétro comme il faut, rêvant encore d'un uniforme comme en Angleterre. Comme les petits mots d'amour de Simon sur mon oreiller. Comme le café du matin sur la plage de Boucan avec des filles sympas, face aux couleurs à couper le souffle. Comme mes moments de lecture. 

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10 février 2016

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Oh là là... surtout ne pas laisser passer trop de temps entre deux textes sinon je vais repartir dans le silence. Alors je n'écrirai que mes lectures et ce que j'en ai pensé dans mon grand cahier noir, je passerai deux ou trois heures à écrire à mes amies qui ne cèdent pas au clavier et avec qui j'échange depuis que je suis ici avec un bonheur très simple et trop rare, celui d'ouvrir la boîte à lettres et de découvrir une enveloppe manuscrite, un peu décorée et qui laisse deviner à l'écriture dans la lecture de qui on va plonger. Je jonglerai dans la journée avec le groupe de mes coupettes chéries avec qui nous vivons presque en direct grâce à whatsapp. Et j'aurai l'impression d'avoir assez écrit. 

Mais voilà, je ne sais pas ce qui pourrait donner envie d'être lu. Parce que je ne trouve pas grand chose de bien terrible à raconter. Si ce n'est le sourire et la légèreté de ma pré-ado qui rentre tous les jours du collège en disant qu'elle a passé une journée géniale (merci les copains qui rendent la vie si belle!). Si ce ne sont les râleries perpétuelles de son frère qui déteste toujours autant aller à l'école. S'imagine que ce sera mieux au collège mais il reste un CM2 à faire. Se vexe toujours autant, cent fois par jour. Me fait subir de plein fouet sa mauvaise humeur tous les jours. Me pompe une énergie dingue. 

Symptôme d'une vie dans laquelle le moins qu'on puisse dire est que je ne m'éclate pas, je ne trouve rien amusant... je grince... je m'évade... je fuis la chaleur... je m'accroche... j'essaie de provoquer un maximum de rencontres... ça progresse, tout doucement... je fais tout pour faire une force de ce que j'expérimente à suivre un mari qui bosse en restant de mon côté à la maison. Maison dans laquelle je passe le moins de temps possible, multipliant les activités, le sport (oui, le sport!!!! Je ne me reconnais plus!) et les lectures. J'ai l'impression de mettre trop de choses entre parenthèses, je ne veux pas m'apitoyer sur moi-même, c'est hors de question. Je veux tirer le maximum de la chance qui m'est offerte de la liberté de 8 à 16 heures les jours de classe. Alors je m'accroche. Je me demande parfois si je saurai un jour me satisfaire de ce que j'ai au moment-M. Peut-être qu'elle est là la clé. Alors je réfléchis, je cherche le plus positif au fond de moi. Je vais y arriver. Lâcher prise et profiter du moment même si je ne l'ai pas choisi. Cesser de m'apitoyer sur une situation qui n'a rien de catastrophique, vraiment pas!!! Aller de l'avant et tranformer l'essai. Tout cela me demande un travail sur moi-même qui me fait grandir. Mais ne retire en rien le fait que j'ai envie de faire la fête, de me marrer, de faire des câlins à mes copines, d'aller de cuisine en cuisine en sachant où est la théière de chacune, d'avoir des discussions à bâton-rompu avec des gens qui me tiennent tête, d'apprendre et d'échanger!!!

 

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09 février 2016

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La chouette rencontre du mois de décembre, par hasard. Et cette dédicace après avoir un peu papoté. Dire qu'on lit le Professeur Moustache depuis son premier tome. Quel joli petit bonheur ce samedi matin dans Saint Denis! 

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05 février 2016

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La vie les pieds dans l'eau, face à l'océan indien... dont les requins sont maîtres. Dans la chaleur. Dans la lumière. 

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